Keung To | La motivation intrinsèque qui franchit le futur | Esquire Hong Kong décembre 2024 numéro 132
- Ming CHU
- 19 janv. 2025
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 30 nov. 2025
Depuis sa victoire au concours « Good Night Show - King Maker » en 2018, Keung To s’est imposé comme une figure emblématique de la nouvelle génération à Hong Kong. Loin de se reposer sur sa popularité, il continue de cultiver son art avec passion et rigueur, alliant chant, danse et exploration de l’acting. Cette interview pour Esquire Hong Kong offre un regard sur son évolution, révélant un artiste à la fois réfléchi, humble et déterminé, conscient de ses responsabilités envers sa musique, ses fans et la culture cantonaise.
L'interview de Keung To par Esquire Hong Kong en décembre 2024 numéro 132 et traduit par extraits par Ming le 19 janvier 2025.
Cela fait 6 ans que Keung to a gagné le concours de chant organisé par "ViuTV Good Night Show - King Maker". Comment a-t-il évolué entretemps ?
Keung To était à cette époque-là, un jeune homme innocent et authentique dont la motivation intrinsèque était juste de pratiquer l'art qu'il aime : chanter et danser sur scène.
Il voulait également promouvoir la langue cantonaise à travers sa musique, raison pour laquelle il n'a toujours pas à ce jour produire une seule chanson en mandarin sachant bien que le marché mandarin est bien plus gigantesque et rentable que le marché cantonais.
Plus tard, il réalise qu'il a une responsabilité sociale et que grâce à sa popularité et son pouvoir d'influence, il pourrait faire passer des messages fondamentaux par le biais de ses chansons. Je cite par exemple la chanson "What the work says" par laquelle il diffuse un message d'amour et de paix.
A travers l'interview que Keung To a donnée à Esquire Hong Kong, je constate qu'il a quelque peu évolué : le jeune artiste s'intéresse de plus en plus à l'art du jeu d'acteur et prévoit de gérer sa carrière musicale de manière plus méthodique.
A propos de l'art du jeu d'acteur, deux ans après le drama "We got game", Keung To a eu l'opportunité de jouer dans un drama intitulé "My lovely liar", qui est un remake du drama coréen du même nom.
Il déclare à Esquire Hong Kong que "même si ce n'est pas eu l'occasion de jouer durant cette période, j'ai quand même lu et analysé des informations sur l'art du jeu d'acteur, j'ai rassemblé quelques idées.
Lorsque j'avais commencé à jouer, il y a beaucoup de choses que je ne comprenais pas. Maintenant, lorsque je reçois le script, je l'analyse bien, je communique plus avec les autres acteurs. Je réadapte légèrement les conversations sans avant tout modifier le fond du scénario préétabli.
Je m'intéresse beaucoup à l'art du jeu d'acteur, je suis très curieux. Quand je regarde un film, je fais attention à la manière dont le film a été tourné.
J'observe attentivement le jeu d'acteur des acteurs."
Au niveau de sa carrière musicale, Keung To vient de sortir en janvier 2025 son 17ème single solo intitulé "Gingko" qui parle du dilemme entre la peur de perdre et la motivation intrinsèque. Chasser les démons intérieurs pour pratiquer l'art de manière authentique sans courir derrière à tout prix les trophées.
Lors de son interview, il déclare ceci :
"Je ne m'impose pas une contrainte particulière de produire un certain nombre de chanson par an. Bien sûr, ma société de management planifie le nombre de chanson que je devrais produire par an.
C'était trop aléatoire dans le passé, certains événements de la vie qui me donnaient l'inspiration ou l'idée pour commencer la production d'une chanson. Cela prenait du coup plus de temps. Pendant la production, je change d'avis et je n'ai plus envie de sortir la chanson.
Plus ma carrière de chanteur évolue, plus je trouve qu'il est effectivement nécessaire d'avoir un planning approprié, j'ai en déjà discuté avec mon producteur Edward, dorénavant, une fois que le thème est fixé, on commence à produire une série de chansons. Peut-être que cela donnera un meilleur effet.
À propos de mon 17e single solo, nous sommes toujours en train de travailler sur les paroles. Les discussions préalables ont pris plus de temps. L'année prochaine, nous allons produire une série de chansons autour d'un thème. Ces œuvres tourneront autour d'un noyau. Contrairement à ce que je faisais auparavant, chaque chanson exprimait un sujet différent."
Mais alors, comment fait-il pour produire une chanson concrètement ? Comment fait-il pour donner naissance à ses bébés pour utiliser les termes du jeune chanteur ? Comment se passe alors la gestation ?
Il dit que : "le plus important est de se familiariser avec la chanson et j'engage toujours quelqu'un pour chanter la démo en cantonais pour que je la retienne et ensuite je prends mon temps pour la ressentir et de trouver une manière de l'interpréter ensuite avec mes propres émotions."
Toujours aussi humble, il dit aussi que : "sincèrement, je trouve que le chant est un talent naturel à concurrence de 60-70%, le surplus est une compétence à acquérir. Par exemple, on a tous une aptitude innée différente au niveau de l'articulation et de la justesse. Par exemple, je ne sais pas compter le rythme mais quand je chante je suis capable de le ressentir sans le compter. J'ai du mal à expliquer cela. J'ai par contre plus de mal à apprendre à danser à cause de cela. Cependant, même si je n'arrive pas à compter, quand je dois danser je sais toujours danser au rythme de la musique."
L'idole de la nouvelle génération à Hong Kong a donc décidé de travailler dorénavant de manière plus méthodique pour la production de ses chansons. C'est à la fois pour moi une bonne et une mauvaise nouvelle.
Une bonne nouvelle car cette méthodologie mettrait fin aux théories du complot. En effet, certains estiment qu'il faudrait sortir un nouveau single tous les 90 jours pour qu'il puisse garder sa popularité et que si le single n'est pas sorti en temps voulu c'est qu'il y a certainement quelqu'un qui le bloque.
Une mauvaise nouvelle car c'est justement cette audace et cette spontanéité que j'aime en lui. Keung To parle à travers ses œuvres. Il réagit aux évènements et aux gens (fans ou haters) par ses chansons.
Cependant, je lui fais confiance. Sa motivation intrinsèque n'a pas changé. Il est juste plus méthodique parce qu'il est devenu tout simplement plus mature.
Pour clôturer l'interview, Keung To dévoile son secret pour rester joyeux.
"Jouer aux cartes me permet de rester calme. Pendant le jeu, il faut rester calme pour prendre chaque décision. Mais je suis du genre impulsif, raison pour laquelle le jeu tourne souvent à mon désavantage. Ce jeu m'aider à apprendre effectivement à analyser calmement la situation.
Sinon, j'aime aussi faire une fondue avec mes amis. Des amis qui mangent et discutent ensemble. C'est très chouette.
Sinon, l'année prochaine, je suivrai des cours de danse avec Fatboy et Stanley si j'ai du temps". Il déclare qu'il aime aussi voyager. "Quitter Hong Kong, un endroit à densité élevée, me permet de le relaxer. Mais je ne vous dirai pas quelles sont mes destinations préférées."
En conclusion, cette interview montre un Keung To en pleine maturité artistique et personnelle. Six ans après sa victoire à « King Maker », il reste fidèle à ses valeurs : authenticité, passion pour la musique cantonais et sincérité dans son art. Mais il a aussi gagné en méthode et en réflexion, planifiant ses créations avec soin tout en gardant sa spontanéité. À travers ses paroles, ses gestes et ses habitudes, Keung To révèle un équilibre fragile mais précieux entre rigueur et liberté, travail et plaisir, ambition et humanité, confirmant qu’il continue de grandir tout en restant profondément lui-même.
Ming










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