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Keung To et son univers circulaire - La valse de la solitude

  • Photo du rédacteur: Ming CHU
    Ming CHU
  • 15 janv.
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 18 janv.

Par Ming - le 15 janvier 2026.


Le 16 décembre dernier, à la veille de son Keung To Lava Live Concert 2025, le jeune artiste a dévoilé son tout premier album, « Composition ».


L’album qui illustre parfaitement sa vision artistique, compte huit titres, dont quatre chansons inédites :


  1. LAVA

  2. 白果 (Gingko)

  3. 流浪星球 (The Lonely Planet – La planète errante)

  4. Better Man

  5. 寂寞圓舞 (The Lonely Waltz – La valse de la solitude)

  6. 追愛狂想 (Crazy for Love)

  7. On a Sunny Day

  8. 你要倔強 (Be Bold)


Sur scène, il a donné vie à ses chansons, mêlant énergie, émotion et performance visuelle. À noter, The Lonely Waltz a été co-composée par l’artiste lui-même, révélant sa touche personnelle et sa maturité musicale.


Avec « Composition », Keung To affirme son univers unique et promet une expérience musicale complète, entre studio et live.


La valse de la solitude


Arrangers: Y.Siu@emp

Producer: Edward Chan

Producer: Y.Siu@emp

Composer: Y.Siu

Composer: Keung To 姜濤

Composer: Edward Chan

Lyricist: 小克


La chanson dépeint une expérience existentielle circulaire, où vivre, aimer, espérer et lutter se répète sans fin. La « valse » dépasse la simple danse : elle devient métaphore du mouvement de l’existence, répétitif, hypnotique et vertigineux. Au centre de cette rotation se tient un je conscient de lui-même, confronté à une solitude fondamentale, même lorsqu’il se tourne vers l’autre.


Cette tension structurelle oppose le désir de communion — danser avec un partenaire, trouver un sens, atteindre la perfection — et l’isolement intérieur inévitable de la conscience. L’expérience humaine que la chanson décrit oscille ainsi entre ouverture vers l’autre et solitude irréductible.

© Sigamutyu Instagram
© Sigamutyu Instagram

Traduction de la chanson


En tournant une fois, le bonheur peut-il éclore ?

En tournant encore, l’illusion peut-elle prendre forme ?

Beauté, bonté, vérité étincellent dans la danse du monde,

Mais ce vertige peut-il aussi réveiller les péchés enfouis ?


Où est la pleine lune ? Son reflet jaunit, fragile et lointain.

D’où vient le destin ? Dans l’obscurité, je cherche un nouveau partenaire de danse.

Les regards se croisent, pris dans l’anneau du cercle.


Rêves, haines, rencontres se succèdent sans répit,

Envoûtant et accablant, le corps et l’âme s’entrechoquent.

Ici, là-bas, tournant sans fin, au centre du cercle,

Il n’y a que moi — et cette conscience est d’une solitude vertigineuse.


En tournant une fois, une histoire peut-elle naître ?

En tournant encore, l’inspiration peut-elle surgir ?

Naissance, vieillesse, maladie : tout trouve son sens dans la rotation.

Parfois l’appel de la mort se fait entendre, mais le cœur résiste.


Où est la perfection ? Elle s’effondre en un souffle.

Où est la circonférence ? Dans l’obscurité, je cherche un nouvel univers.

Je lève les yeux, immobile, au centre du cercle.


Rêves, haines, rencontres se relaient sans fin,

Envoûtant et oppressant, le corps et l’âme se livrent bataille.

Ici, là-bas, tournant sans cesse, au centre du cercle,

Il n’y a que moi, moi poursuivant encore mon propre combat.


Il ne subsiste que la solitude au cœur du cercle,

Avancer ou reculer revient au même vertige.

D’un côté je lâche prise, de l’autre je m’accroche,

Anges et démons scellent l’alliance la plus étroite.


Les pas de danse encerclent un cœur encore naïf,

La solitude renaît, encore et encore.

Après les rires, après les cris, tout est réexaminé.


Le juste et le faux se répondent dans le miroir,

Comment le carré devient cercle, comment la lumière se rassemble,

Avant de se disperser en une seconde.

Bien et mal, vrai et faux, joie et douleur s’entrelacent à l’infini.

*(Round and round, turn around, just you and me)*

3.14159 — sans fin, sans repos,

Laissons la solitude ne jamais connaître de terme.

Anges et démons conspirent pour l’éternité,

Les pas de danse gravitent autour d’une sortie espérée,

Ou tournent autour d’une position à défendre jusqu’à la mort.



La symbolique du cercle et de la rotation


Le cercle constitue un motif central. Il apparaît à travers la danse circulaire, la valse, l’anneau, le centre et la circonférence, ainsi que la référence à π (3,14159), nombre infini.


Il symbolise le cycle de la vie (naissance, vieillesse, maladie, mort), l’éternel retour (rêves, haines, rencontres qui se répètent) et l’absence de sortie définitive. Être au centre du cercle signifie rester immobile dans le mouvement, conscient mais incapable de s’extraire du cycle. La quête de la circonférence ou d’une « sortie » traduit l’aspiration à la transcendance ou au sens ultime — toujours différée.


Le nombre π renforce cette idée : il incarne une quête rationnelle de l’infini, sans jamais atteindre de conclusion définitive, soulignant l’impossibilité de clore totalement le cercle de l’existence.

© Sigamutyu Instagram
© Sigamutyu Instagram

La solitude comme expérience ontologique


La solitude ne se réduit pas à l’absence d’autrui. Elle correspond à la lucidité d’exister seul dans sa conscience : toute expérience, même partagée, est vécue intérieurement. La danse avec les autres — regards, partenaires, rencontres — ne dissout jamais le noyau solitaire. Au contraire, plus le mouvement est intense, plus la solitude se révèle.


La répétition du motif souligne que la solitude renaît sans cesse, non pas par accident, mais comme condition ontologique de l’existence.

© Sigamutyu Instagram
© Sigamutyu Instagram

La coexistence des contraires


La chanson met en lumière la coexistence permanente des opposés : beauté et péché, rêve et haine, bien et mal, vrai et faux, joie et douleur, anges et démons. Ces polarités ne s’annulent pas ; elles dansent ensemble.


« Anges et démons scellent l’alliance la plus étroite. »


Cette vision n’est pas morale mais tragiquement humaine : l’identité se forge dans le conflit, la lutte intérieure est constante, et la pureté ou la perfection demeurent inaccessibles.

© Sigamutyu Instagram


Le corps et l’âme dans la danse


La danse engage simultanément le corps, soumis au vertige et à l’épuisement, et l’âme, traversée par des interrogations métaphysiques. Penser et vivre ne sont pas dissociables : le sens se joue dans le mouvement, dans l’effort de continuer à danser malgré fatigue et peur.

© Sigamatyu Instagram
© Sigamatyu Instagram

Temps, destin et mort


Le destin demeure obscur, la mort s’impose, mais le cœur résiste. La chanson intègre la mort dans le cycle : elle n’est pas une fin nette, mais une voix parmi d’autres dans la rotation perpétuelle. Cette lecture, proche de l’existentialisme de Camus ou Nietzsche, suggère que le sens ne découle pas d’une finalité extérieure, mais de la capacité à continuer à tourner, à créer, à lutter.

© Sigamutyu Instagram
© Sigamutyu Instagram

Conclusion


La valse de la solitude propose une méditation poétique sur :

  • la condition humaine,

  • la quête de sens sans résolution finale,

  • la cohabitation des contraires,

  • et la solitude irréductible de la conscience.


Plutôt que de chercher à rompre le cercle, la chanson propose une acceptation lucide :

  • danser malgré tout,

  • aimer malgré la solitude,

  • tourner sans repos,

  • et faire de ce vertige même une forme de vérité.


Ainsi, la chanson transforme la répétition et la solitude en instruments de connaissance et de compréhension de l’existence, offrant une vision poétique et analytique de la condition humaine.





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